
Les deux guerres mondiales : ce qu’il faut retenir
Le XXe siècle s’est ouvert sur deux conflagrations mondiales qui ont tué en tout plus de 80 millions de personnes, reconfiguré la carte politique du monde et posé les fondements de l’ordre international contemporain. La Première Guerre mondiale (1914-1918) a brisé quatre empires et inauguré une industrialisation de la mort. La Seconde (1939-1945) a vu l’humanité descendre aux abîmes du génocide organisé, avant que la victoire alliée n’ouvre l’ère de l’ONU, de la décolonisation et de la guerre froide.
Les causes de la Première Guerre mondiale
L’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche-Hongrie à Sarajevo le 28 juin 1914 par Gavrilo Princip, nationaliste serbe, déclenche par le jeu des alliances une guerre que personne n’avait vraiment planifiée à cette échelle. L’Autriche-Hongrie adresse un ultimatum à la Serbie ; la Russie mobilise pour défendre son alliée slave ; l’Allemagne déclare la guerre à la Russie puis à la France, envahit la Belgique neutre, ce qui pousse la Grande-Bretagne à entrer en guerre. En six semaines, presque toute l’Europe est en feu.
Les causes profondes sont multiples : la course aux armements entre grandes puissances depuis les années 1890, le nationalisme exacerbé dans les Balkans, la rivalité coloniale entre empires et l’ambition allemande de Weltpolitik (politique mondiale). Le plan Schlieffen prévoyait une guerre éclair à l’ouest (battre la France en six semaines) avant de se retourner vers la Russie. La résistance belge et française à la Marne (septembre 1914) brise ce scénario et condamne l’Allemagne à une guerre sur deux fronts qu’elle ne peut pas gagner sur la durée.
La Grande Guerre : tranchées et tournants
De 1914 à 1918, le front occidental se fige dans une guerre de tranchées s’étendant de la mer du Nord à la Suisse, sur 700 km. Les offensives se succèdent pour des gains de quelques kilomètres au prix de pertes colossales : la bataille de Verdun (février-décembre 1916) fait 300 000 morts et 400 000 blessés français et allemands ; la Somme (juillet-novembre 1916) cause 1,2 million de victimes dans les deux camps. Ces batailles symbolisent l’absurdité d’une guerre où la technologie défensive (mitrailleuses, barbelés, artillerie) écrase systématiquement les assauts offensifs.
Deux événements changent la donne en 1917 : l’entrée en guerre des États-Unis (avril 1917), qui apporte 2 millions de soldats frais et une logistique industrielle décisive, et la révolution russe, qui conduit la Russie à signer la paix de Brest-Litovsk (mars 1918) avec l’Allemagne. L’offensive allemande du Printemps 1918 échoue à quelques dizaines de kilomètres de Paris. La Contre-offensive des Cent-Jours (août-novembre 1918) brise l’armée allemande. L’armistice est signé le 11 novembre 1918 à 11h dans un wagon à Rethondes. Le traité de Versailles (1919) imposera à l’Allemagne des conditions humiliantes qui contribueront à la montée du nazisme.
L’entre-deux-guerres et la montée des totalitarismes
Les années 1920 et 1930 voient émerger en Europe trois régimes totalitaires : le fascisme de Mussolini en Italie (1922), le nazisme d’Hitler en Allemagne (1933) et le communisme stalinien en URSS. La crise économique de 1929, partie de Wall Street, ravage les économies mondiales et nourrit les extrémismes. En Allemagne, le chômage touche 6 millions de personnes en 1932. Adolf Hitler, nommé chancelier le 30 janvier 1933, démantèle rapidement la démocratie de Weimar, réarme l’Allemagne en violation des traités et réoccupe la Rhénanie en 1936.
La politique d’apaisement des démocraties occidentales (France et Grande-Bretagne) face aux exigences hitlériennes culmine aux accords de Munich (septembre 1938) où Daladier et Chamberlain cèdent les Sudètes tchécoslovaques à Hitler, croyant acheter la paix. Churchill parle de « défaite totale » : six mois plus tard, Hitler annexe toute la Tchécoslovaquie. La guerre civile espagnole (1936-1939), où l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste soutiennent Franco contre la République, avait déjà fourni un terrain d’essai pour les nouvelles tactiques de guerre aérienne — notamment le bombardement de Guernica (avril 1937).
La Seconde Guerre mondiale : batailles et génocide
Le 1er septembre 1939, l’Allemagne envahit la Pologne ; la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre deux jours plus tard. La France s’effondre en six semaines (mai-juin 1940), vaincue par la percée des Ardennes du général Erich von Manstein. L’Armistice du 22 juin 1940 partage la France entre zone occupée (nord) et zone libre sous Pétain (sud). L’appel du général de Gaulle du 18 juin 1940 sur la BBC, depuis Londres, marque la naissance de la France libre. La bataille d’Angleterre (été 1940) échoue à faire plier la RAF, empêchant une invasion des îles britanniques.
La Shoah est l’aspect le plus sombre du conflit : 6 millions de Juifs sont systématiquement exterminés par le régime nazi, soit les deux tiers de la communauté juive européenne. La conférence de Wannsee (janvier 1942) planifie la « Solution finale ». Les camps d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, Treblinka, Sobibor et Belzec sont le théâtre d’une industrialisation du meurtre sans précédent dans l’histoire. La libération des camps par les Alliés (avril-mai 1945) confronte le monde à une réalité que beaucoup refusaient encore de croire.
La fin de la guerre et ses conséquences
Trois tournants décident de l’issue de la Seconde Guerre mondiale : la bataille de Stalingrad (1942-1943), qui stoppe l’avance allemande en URSS ; le débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944 (opération Overlord, 156 000 soldats le premier jour) ; et les bombes atomiques larguées sur Hiroshima (6 août 1945, 70 000 morts immédiats) et Nagasaki (9 août), qui précipitent la capitulation japonaise. L’Allemagne se rend inconditionnellement le 8 mai 1945 — le jour de la Victoire en Europe.
Les conséquences sont profondes et durables. L’ONU est fondée en octobre 1945 pour prévenir une troisième guerre mondiale. La Déclaration universelle des droits de l’homme est adoptée en 1948. L’Europe est divisée par le rideau de fer : à l’ouest les démocraties atlantiques, à l’est les régimes communistes satellites de l’URSS. La décolonisation s’accélère sous la pression des peuples d’Asie et d’Afrique. Les procès de Nuremberg (1945-1946) établissent le principe de la responsabilité individuelle pour crimes contre l’humanité — fondement du droit international pénal contemporain.
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